dimanche 6 octobre 2013

Kanelbullar dagen.


Le fameux Kanelbullar. En fête cette semaine


Vendredi après midi, après une journée sans cours, ce qui est assez impressionnant, j'ai retrouvé mon ami Félix, qui est accessoirement un des seuls suédois qui prend plaisir à trainer avec des nationalités différentes. En l'occurrence moi. Alors qu'on devait aller prendre un fika dans un des cafés les plus cools de la ville, on est tombés sur cette affiche et cette réalité : On est le 4 Octobre, c'est la journée du bun à la cannelle (kanelbullar). Cette petite merveille n'est autre qu'une pâtisserie typiquement suédoise, à savoir composée intégralement de beurre, de sucre et de cannelle. Rien à voir avec notre très cher kouignamann cependant. Le résultat de cette journée est que tous les cafés de toute la ville proposent ces merveilles caloriques pour des prix bien plus raisonnables et l'intégralité d'Uppsala sentait la cannelle. Heureusement que je suis sortie, un peu plus je restais chez moi toute la journée à faire ma fainéante avant l'anniversaire de Kike, un ami espagnol le soir.

Qu'il s'agisse des odeurs ou simplement de nos humeurs, avec Félix, on en est venus à parler sur la sociabilité, et les coutumes sociales des différents pays. Globalement, j'ai parlé du cas français, et il m'a expliqué le cas suédois, qui est en soi, très difficile à comprendre. Si j'ai réussi à l'aborder le jour ou l'on s'est rencontré, l'alcool a joué pas mal en ma faveur visiblement pour ouvrir l'esprit curieux et social de mon interlocuteur (Apparemment mes yeux aussi, mais c'est un détail sur lequel je ne reviendrais pas forcément).
Il m'expliquait donc que les suédois ne vivent d'une part que très rarement en mixité. Lorsqu'ils se font des weekends la seule manière pour eux de vraiment se lâcher et s'amuser étant qu'il n'y ait aucune fille dans le coin. Sinon le côté séduction entre instinctivement en jeu et le côté fun disparaît. Il expliquait littéralement d'ailleurs, qu'avec les filles, la spontanéité n'est pas à l'ordre du jour. Les gestes sont programmés, les paroles aussi, et l'apparence physique parfaitement contrôlée.

 Parce que c'est ça le point clé, les suédois sont des êtres de contrôle. Accros au sport, ils ne laissent rien au hasard quand il s'agit de leur corps. Toujours bien habillés, bien maquillées pour les filles, on ne verra jamais une suédoise en gros jogging à l'université, ou aux courses un dimanche matin. Il y a les américaines pour ça, pas de panique. Même les tenues de sport sont sexys, mais pas trop, pour les filles, et viriles et sensuelles pour les hommes. Il doit être tellement épuisant de ne jamais se laisser aller ! Quand j'en ai fait part à Félix (après lui avoir répété des milliers de fois qu'il avait un nom de chat d'ailleurs) il m'a rassuré en me disant que c'était dans les moeurs et qu'après avoir toujours vécu de la sorte, ils n'avaient plus besoin de faire d'efforts.
 Pour eux, la classe est maître mot. Les suédois sont des as du contrôle de soi. C'est comme s'ils subissaient une lobotomie à la naissance.

D'ailleurs, je pense réellement que c'est ce qu'il se produit pour que jamais personne ne se rebelle sur les restrictions absurdes imposées par le gouvernement: l'alcool est prohibé absolument partout sauf au domicile, mais les prix sont abusivement élevés de toute manière alors l'ébriété aussi est contrôlée. Fumer dans la rue est presque interdit également parce qu'il faut impérativement être à plus de 20m de n'importe quelle entrée de propriété ou lieu public. Les taxes imposées aux travailleurs sont ridiculement élevées. Bon, apparemment les salaires aussi. Les prix défient toute concurrence: aucun pays, à part la Norvège peut-être n'est aussi cher dans TOUS les domaines de vie quotidienne: loyers, courses, sorties, shopping, électricité. Et les suédois acceptent ça parce qu'ils sont absurdement patriotiques. Évidement, faire remarquer cela en tant que française, j'aurais du m'en douter, ne peut que me retomber dessus parce qu'on prétend être un état providence mais on ne fait que renforcer les inégalités. Et comme il n'existe pas de solutions durables pour notre pays, les gens se plaignent sans arrêt et brûlent des voitures.
C'est, sur que j'aurais mieux fait de me taire.
J'ai simplement répondu qu'à Uppsala, on ne risquait pas de brûler de voitures, étant donné que tout le monde se déplace en vélo.

CQFD: Un parking suédois. Mon vélo est d'ailleurs le plus cool.

Mais cette manie de vouloir toujours tout contrôler a des limites. Elles s'appellent les imprévus. Parce que oui, face au changement et aux affects sentimentaux et psychologiques, ils se retrouvent comme des enfants un peu perdus et appelant leur maman. Félix me racontait qu'une copine à lui avait un rencard l'autre jour et qu'elle paniquait à l'idée de ne pas savoir quoi dire. Ils s'étaient rencontrés à une soirée alcoolisée. Parce que l'alcool est la seule solution pour qu'ils baissent la garde. Au lieu de suggérer de laisser aller, et d'être simplement naturel, la seule suggestion envisageable était de boire un shot de vodka avant le rendez-vous. Ce qui est quand même dommage. L'ennui c'est que c'est comme ça à chaque instant. Les suédois, si on les rencontre en soirée vont paraître adorables, mais le lendemain simplement t'ignorer parce qu'ils n'ont aucune idée de comment se comporter avec des étrangers, ou presque.
Comme j'aime les challenges, j'ai cependant décidé d'apprivoiser le suédois. C'est vachement drôle, mais on a besoin de patience, beaucoup de patience. J'ai réussi avec quelques uns quand même, ne soyons pas négatifs.
Jeudi dernier par exemple, on était invités des amis et moi à un repas suédois dans une maison. Oui, j'ai bien dis une maison. Première fois que je viens dans un logement de plus de 20m2 depuis que je suis là. Après avoir mangé des chips diététiques et bu du blueberry juice on a même eu le droit au typique suédois: le jaccuzzi. Dommage qu'il ne neigeait pas encore, parce que quand il fait vraiment très froid dehors c'est encore plus formidable.


Sinon, j'apprécie toujours mon voyage ici. Je rencontre toujours autant de personnes du monde entier et s'incruster partout est d'une simplicité monstrueuse. Comme on est énormément d'étudiants internationaux, il y a plus ou moins des anniversaires toutes les semaines. Vendredi, c'était une soirée Espagnole. Ce qui est plutôt chouette parce que pour une fois, on ne commence pas à 18h. Enfin si, mais on a eu l'occasion de faire une pré soirée, avec Félix qui a voulu me montrer la manière dont ils se décoinçaient. Plutôt efficace. Un peu moins si on avait prévu de faire quelque chose le lendemain.
J'ai également appris à danser à mon amie Libby, ce qui est assez étrange étant donné mon propre niveau. Mais c'est plutôt marrant de se sentir douée 5 minutes. Je me suis réhabituée à parler anglais, parce qu'avec la semaine dernière et mon amie Flavie, à part faire google translation, mon anglais n'avait pas tellement progressé. Enfin, j'ai voulu souhaiter un joyeux anniversaire en Espagnol, j'ai parlé suédois.

A bientôt, pour de nouvelles aventures !

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