jeudi 5 décembre 2013

Glissades, neige et chocolat chaud.


Jeudi 5 décembre. 
Alors que je me réveille tranquillement après avoir repoussé mon réveil encore une fois (conséquences du froid, la couette, trop protectrice, a du mal à nous laisser partir), j'allume mon ordinateur, ouvre mes volets, et là double surprise! Ma page Facebook tout comme la fenêtre de ma chambre n'ont qu'un mot à dire : Il neige. Si, me direz-vous ce n'est pas tellement impressionnant étant donné que j'habite en Suède, vous remarquerez quand même que ce manteau blanc a mit du temps avant de venir ! Si la France, l'Allemagne, et même l'Espagne avaient déjà eu leurs épisodes neigeux, on n'avait quant à nous, seulement droit aux températures négatives. 
Quoi qu'il en soit, aujourd'hui, ce pourquoi la plupart des étudiants internationaux ont choisi la Suède est arrivé! Des gros flocons, des rires, des photos, des prévisions de batailles de boules de neige, la ville s'en donne à coeur joie. Habitués ou pas, c'est la même chose finalement. Tout le monde perd 10 ans quand la neige arrive. Et subitement, le froid, les examens, la nuit, plus rien ne semble atteindre les coeurs, attendris par ce manteau de coton. 
Parce que oui ici, même si elle prend son temps, la neige une fois qu'elle tombe, elle reste. 
Amusée, intriguée, et enchantée par cette nouvelle vague (qui apparemment devrait s'installer pour ne partir que fin mars), j'ai décidé de chausser mes bottines, et d'aller rejoindre Libby pour profiter de ces repas d'hiver fantastiques proposés par les nations. Cafés, soupes, vin chaud et chants de Noël, on se croit chez nos grand parents. Le sourire est au rendez-vous et on en vient même à adorer le froid s'il signifie qu'on aura le droit à un bon chocolat chaud, aux chaussettes en laine et aux soupes de légumes qui réchauffent les cœurs. 

Uppsala a cette chose que les autres n'ont pas. Cette atmosphère, cet environnement, cette chaleur. Et les nations dans lesquelles il fait bon passer l'après midi à discuter, travailler et boire des cafés en sont pour quelque chose. Les chambres d'étudiant et les corridors sont désertés au profit des salles communes de nations. 
Salle commune de Värmlands. Photo prise en direct des canapés.
Värmlands, ou "Là ou il fait chaud", ma nation. On y passerait bien notre vie entière. A vrai dire je n'en sors que pour dormir ces derniers jours. En ce moment ils préparent la Gasque de Noël qui a lieu samedi soir. On sent les gâteaux en préparation et les gens rire de batailles de farine. On sent la cannelle et le safran. Le café devient gratuit quand on vient souvent. Alors on y reste, pour l'ambiance et la chaleur.

Le meilleur quand il fait froid ici en Suède c'est le Glögg. Ou le vin chaud en fait. Selon les habitants locaux, c'est une invention suédoise. Personnellement je n'en ai aucune idée, mais qu'est-ce que c'est bon. Les couleurs, les senteurs et les saveurs ne font que confirmer mes idées. L'hiver est décidément ma saison favorite. Quoi de plus agréable que de rentrer dans un endroit merveilleux quand il fait froid dehors. Quoi de plus joli que de voir des pompons de bonnet de promener partout dans la ville ? 
Quoi de plus savoureux
qu'une bonne soirée lasagne-vin chaud entre amis? L'hiver n'a rien à envier aux longues soirées d'été. L'hiver a les lumières et le réchauffement humain. L'hiver appelle à la convivialité. Et la Suède, c'est le pays de l'hiver. C'est le paradis. Mon paradis. 

Chalets de Glögg au marché de Noël de Stockholm.

Rien n'atteindra mon moral en ces périodes. Pas même mes chutes pour cause de sol glissant. Pas même mon apparence de bonhomme de neige lorsque j'arrive de l'extérieur après une matinée à neiger. Encore moins mes 20 minutes supplémentaires à marcher parce qu'on se déplace comme des pingouins. Sac cassé, pantalon trempé, fesses par terre plus souvent que pieds au sol. Tous ces petits désagréments ne sont que des anecdotes supplémentaires pour rire ensemble, autour d'un verre de vin chaud ou d'un chocolat. Tous ces désagréments ne font simplement que nous rappeler qu'on est des étudiants internationaux avec une chance inouïe de pouvoir faire l'expérience d'un hiver suédois. Parce que oui, quand la neige arrive, on voit la différence entre les suédois, et les non suédois. D'une part, par le type de chaussures utilisées. D'autre part, par la cadence de la marche, et enfin, par la capacité à faire du vélo. Les internationaux tombent, glissent, et se retrouvent à rire les fesses dans la neige. Les locaux observent, s'inquiètent, puis finissent par rire de nos situations comiques et incongrues, rappelant Bambi, sur la glace pour la première fois de sa vie.

Ps: Malgré cet élan d'optimisme et cet enthousiasme, mon coccyx (oui, j'ai regardé dans le dico pour savoir comment l'écrire) et mon poignet apprécient actuellement un peu moins la patinoire géante qu'est la ville. Alors Bambi se remet progressivement de ses chutes à répétition en appréciant une soirée de repos... et un chocolat chaud. 

Aucun commentaire:

Publier un commentaire